Désolidarisons-nous d’Osez le féminisme qui n’a visiblement pas assez osé

Le communiqué d’Osez le féminisme 69 (ici) est un ramassis de sottises et d’approximations dignes de la manif contre tous et des mouvements réactionnaires faisant passer les rumeurs les plus abjectes sur l’éducation nationale et l’ABCD de l’égalité. Si elles se désolidarisent de la marche, comme l’ensemble des organisations signataires, c’est pour mieux se solidariser avec ces mouvements, pour le moins, conservateurs dont elles partagent la pensée essentialiste. 

80%… un chiffre qui n’a aucune réalité

« Martelons en effet que, à plus de 80%, les femmes et enfants prostitué-e-s sont issues de pays étrangers et de circuits esclavagistes. » disent-elles… Pensent-elles vraiment que c’est en martelant des mensonges que ceux-ci finiront par devenir des vérités ? Pensent-elles, si tant est qu’elles pensent, que c’est en amalgamant des phénomènes et en invisibilisant d’autres qu’elles convaincront ?

À aucun moment, à aucun endroit, dans aucun rapport, il n’est dit ou écrit qu’une partie des 80% de la prostitution est composée d’enfants ! Elles manipulent éhonteusement, sans vergogne, sans respect des femmes et des hommes, travailleuses et travailleurs du sexe, ou sans considération pour elles et eux. Cela elles s’en moquent. Seuls comptent leurs jugements moraux et leur bigoterie puritaine.

Jamais aucune association (encore moins Cabiria ou la Lgp Lyon) n’a revendiqué l’esclavage sexuel d’enfants ou de femmes ! Jamais, il ne sera question de « prostitution infantile » ! Seuls des esprits malades pourraient imaginer une telle chose.

80% ne correspond à aucune réalité sociologique. Ce sont des chiffres de source policière à une époque où la répression à l’égard des étrangers et de l’immigration était très forte. Ce sont des chiffres qui ne prennent en compte que la prostitution de rue, quand une bonne partie se fait sur des applications smartphones, le web ou par d’autres moyens. Bref, « 80% » un chiffre sorti d’un chapeau qui ne correspond à rien.

Manifestation contre la repression des prostitué-e-s à Lyon

Manifestation contre la repression des prostitué-e-s à Lyon

Des accusations mensongères… 

La revendication est celle de la non pénalisation des clients, de l’accès aux soins et que les travailleurs et travailleuses du sexe puissent pratiquer des activités sexuelles tarifées sans que la loi les stigmatise, précarise ou les mette en danger. Est-ce que pour ces « féministes », qui n’ont de féministe que le nom, un-e prostitué-e perd à ce point toute dignité humaine pour qu’elles refusent de lui reconnaitre ces/ses droits fondamentaux ? Ont-elles à ce point abdiqué face à toute pensée rationnelle et pragmatique pour ne pas se rendre compte que ces lois répressives voulues par la droite, et l’ensemble des signataires, ne font qu’aggraver leur situation ?

Qu’attendre de ces organisations anti-féministes quand on voit qu’elles refusent même qu’on puisse marcher pour revendiquer le droit au débat sur la GPA ? Il ne s’agit même pas de revendiquer le droit à la GPA mais celui du DÉBAT sur ce sujet ! N’ont-elles donc aucun argument rationnel et de fond pour le craindre à ce point là ? Risquerions-nous, finalement, de nous rendre compte qu’elles ne font qu’agiter leurs fantasmes malsains comme la droite ?

« Nos corps, Nos choix ! »

Comment peuvent-elles un instant prétendre travailler à l’émancipation des femmes et des hommes quand on voit qu’elles refusent le débat et d’écouter les premiers et les premières concerné-e-s ? Elles revendiquent, au même titre que n’importe quel obscurantisme ou intégrisme, l’émancipation de force. Elles ne cherchent qu’à imposer leur vision de la société. Une société où il n’est pas question d’égalité entre les hommes et les femmes, mais une société dans laquelle leur féminisme ne doit pas remettre en cause leur confort bourgeois et leur conception conformiste de la sexualité. Citons ici Borrillo : « En tant que manifestation de la vie privée, la liberté sexuelle implique la possibilité d’entretenir des relations sexuelles avec qui nous souhaitons et dans les conditions convenues avec nos partenaires. Le rôle d’un Etat démocratique est de garantir l’exercice de cette liberté sans contraintes, car la capacité à consentir constitue le soubassement éthique de cette liberté ».

La sexualité n’a pas besoin d’autres conditions que le consentement pour être exercée. Vouloir y ajouter le désir comme norme nécessaire à toute activité sexuelle, ce n’est ni plus ni moins que défendre une vision réductrice et essentialiste de la sexualité humaine. Et si le « choix individuel » doit être remis en cause cela doit davantage interroger les conditions dans lesquelles celui-ci est fait, indépendamment des jugements moraux portés sur telle ou telle pratique.

quand les violences LGBTphobes sont si fortes, que les inégalités salariales entre hommes et femmes sont si importantes, que les violences conjugales sont toujours aussi meurtrières, leur principale revendication est de mettre des femmes au panthéon

Quand les violences LGBTphobes sont si fortes, que les inégalités salariales entre hommes et femmes sont si importantes, que les violences conjugales sont toujours aussi meurtrières, leur principale revendication est de mettre des femmes au panthéon


Enfin, doit-on rappeler que quand les violences LGBTphobes sont si fortes, que les inégalités salariales entre hommes et femmes sont si importantes, que les violences conjugales sont toujours aussi meurtrières, leur principale revendication est de mettre des femmes au panthéon ?


Féministes ! Désolidarisons-nous d’Osez le féminisme qui ne cesse de trahir la juste lutte pour l’Égalité et de semer des mensonges pour récolter la division et la discorde.

Lire aussi :

Pénalisation des clients : un débat tronqué assorti d’une campagne de dénigrement des associations de santé

Les revendications de la LGP Lyon pour le mot d’ordre (ici), pour la GPA (ici) et pour la prostitution (ici)

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