Le progrès : escalade dans la stigmatisation et avalanche de bêtises

Ce Mardi 22 avril, le journal Le Progrès, tiré à plus de 300 000 exemplaires, a déversé sa propagande xénophobe à travers un article diffamatoire attisant la haine raciale et l’anti-républicanisme primaire. (voir ci-dessous)

Faut-il encore s’étonner que la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) indique dans un rapport que 9% des français se déclarent être « plutôt racistes » et 26% être « un peu racistes » quand des médias de masse sous couvert d’informations déversent leur idéologie nauséabonde ?

Nous dénonçons l’éthnicisation des rapports sociaux : appartenir supposément ou non à telle ou telle nationalité ne nous prédispose pas à être des délinquants. De même qu’être français ne nous rend pas nécessairement détenteur du « bon goût » comme le démontre avec brio cet article du progrès. Le stéréotype et la reproduction de représentations fallacieuses ne sont pas une information. C’est pourquoi, beaucoup plus efficace dans la mise en place de nos politiques de promotions de l’Égalité et de nos idéaux républicains, nous leur préférons l’explication sociologique.

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Manifestation de Rroms contre la stigmatisation dont ils sont victimes

De la nationalité supposée aux fichages ethniques illégaux :  la fabrique des amalgames

Certainement faute de ne pouvoir classer les délits en fonction d’une appartenance ethnico-raciale supposée, dans un pays où la loi interdit le traitement de données à caractère ethnique et en réprouve la simple collecte, ce journal vient surfer sur la vague « brune marine » en faisant un dangereux rapprochement avec la nationalité. Quel est donc l’intérêt fondamental d’une telle information si ce n’est d’attiser les sentiments nationalistes et hostiles aux étrangers ?

Mais, outre la ligne éditoriale de ce journal, il convient également de s’inquiéter de l’existence d’une telle base de données et de s’interroger sur l’utilité que peut en avoir les forces de l’ordre et le ministère de l’intérieur.

Des chiffres tronquées

L’ancien ministre de l’intérieur Valls ayant fait pression pour qu’échoue la mise en place d’un récépissé de contrôle d’identité afin de lutter contre le « délit de faciès », faut-il alors s’étonner que le chiffre de la supposée « délinquance étrangère » explose ? Les chiffres sont de source policière… faut-il rappeler que la chasse aux sans-papiers compte parmi les priorités du ministère de l’Intérieur ? N’y aurait-il donc pas fort à parier que cette surreprésentation des « étrangers » est davantage le reflet de l’activité policière que de la démographie de la délinquance ?

À ces questions, seuls des journalistes pourront y répondre… Ne nous attendons donc pas à les trouver dans le progrès.

Nous ne pouvons que condamner avec fermeté et détermination ces propos qui révèlent une véritable escalade dans la stigmatisation toujours plus forte qui s’exerce à l’encontre des minorités.

Article du progrès

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